S’autoriser à ressentir

S'autoriser à ressentir

Lorsqu’on recherche la paix intérieure, à vivre dans la sérénité, on a parfois l’impression qu’il faut être parfaite. Ne ressentir que de l’amour et de la joie, voir le positif et passer au-dessus des difficultés.

C’est apparemment une déformation qui s’est faite avec l’essor du développement personnel et de la spiritualité : la nuance a disparu avec son humanité.
En réalité, trouver la paix intérieure, se sentir alignée, entière, n’est pas linéaire. Il y a du doute, des peurs, des plaintes, qui coexistent avec de l’optimisme, des rires, de l’émerveillement. Trouver la paix intérieure, c’est réussir à accéder à un endroit en soi qui, quels que soient les événements extérieurs, restera toujours un endroit de calme, d’accueil, d’empathie, d’amour de soi.
Ce lieu existe en chacun de nous et il s’entretient. Une fois qu’on a foulé cet emplacement, la connaissance qu’il existe permet de gagner une merveilleuse conscience : qu’il est toujours là. Et ainsi, même dans les tempêtes, lorsqu’il semble qu’on a oublié comment y accéder, ce lieu est toujours ouvert.

En tant qu’êtres humains, nous sommes des créatures complexes. Emplies de contradictions, soumises à des changements, être humaine est loin d’être une voie lisse.
Le monde extérieur nous impacte, mais lorsqu’on cultive sa paix intérieure, son impact est atténué.

Les émotions

Colère, peur, tristesse. Honte, jalousie. En condamnant certaines émotions, on n’écoute pas ce qu’elles transmettent.
Une émotion est une information. Elle n’a pas à être jugée, mais écoutée.
–> La colère apparaît lorsqu’il y a un manque de respect, un manque de considération.
–> La jalousie informe qu’on s’interdit une chose qu’on souhaite, c’est une forme de défense utilisée par les parts de soi qui ont établi cet interdit.

Changer son regard, étiqueter différemment les émotions comme agréables ou désagréables, par exemple, peut faciliter l’autorisation à ressentir.

Si une émotion apparaît, quelque chose l’a déclenchée. Y faire face est un cadeau qu’on se fait : la réprimer ne fait que la retarder. Et un jour, une simple goutte de trop lui donnera des proportions bien moins gérables.

Prendre conscience de soi, pour se laisser traverser

En adoptant une posture de conscience et d’accueil, les émotions nous traversent. Et on fait le choix conscient de s’y accrocher ou non.
À force de ressentir, et de comprendre ce qui se joue en soi, on arrive plus facilement à cultiver une paix intérieure. Car plutôt que de juger, bloquer, condamner une émotion, on la regarde, ce qui permet de laisser place à ce qu’on souhaite vraiment : se sentir bien.

Mais, ce n’est pas parce que l’état recherché par notre intérieur est le bien-être, qu’il est figé dans une forme générale et universelle. Parfois, on a besoin de choisir de rester dans une émotion désagréable. Même si l’on trouve consciemment la raison un peu idiote, on peut avoir le besoin d’entretenir l’humeur nuageuse, pour exprimer pleinement son mécontentement et pour le ressentir dans son entièreté. Car une fois expérimentée pleinement, elle disparaît.
Tout passe. Tout change et se transforme. Et comme une grande part de l’être fonctionne par l’inconscient, choisir de rester un temps dans une émotion, permet aussi de libérer des vieilleries éloignées du conscient.
Toutes les émotions sont légitimes. Alors, accueillons les sans les juger, avec douceur. Car lorsqu’elles nous viennent, même si on ne les comprend pas, c’est qu’elles ont enfin la place de s’exprimer. (Et c’est une excellente nouvelle !)

De toute évidence, le cycle influe sur l’humeur.
Me concernant, j’ai remarqué que mon SPM vient largement amplifier ce qui est déjà là. Certains mois, hormis un jour de grosse tristesse qui m’annonce où j’en suis dans mon cycle, je ne vais ressentir que peu d’impact émotionnel. Par contre, les mois où des contrariétés sont plus nombreuses, une grande envie de destruction se colle à moi pendant plusieurs jours.
À défaut de pouvoir tout détruire sans avoir à gérer les conséquences de cela, j’accepte simplement mon état. Je bougonne, je peste, et pour tout de même apaiser légèrement mon impatience et mon humeur crottesque, je m’offre des petits plaisirs (pâtisseries & chocolats chauds).

Apprendre à ne pas se juger

Tant qu’on ne développe pas de troubles ou de maladies, que notre système accepte notre manière de faire, et qu’on ne souffre pas de nos ressentis et réactions, pas besoin d’essayer de se changer. Par contre, lorsque cela devient une souffrance, il faut écouter ce qui se passe en nous, pour apaiser les blessures qui ne demandent qu’à cicatriser…

“L’empathie est la capacité à comprendre et ressentir les émotions d’autrui, permettant de se projeter dans ses pensées ou sentiments, tout en maintenant une distinction entre soi et l’autre.”

L’empathie, hors trouble psychiatrique, est en chacun de nous. La société actuelle nous apprend à la minimiser dans une dynamique de compétition, de dualité, mais elle est innée (quand bien même, elle s’apprend). Et l’empathie est la clé pour diminuer la sévérité que l’on se porte à soi. Car en prenant du recul sur soi-même, on ouvre sa vision sur le global. En dissociant sa situation, comme on regarderait celle d’autrui, l’esprit est plus clair, l’émotion moins écrasante et ainsi plus facilement intégrée.

Alors, la prochaine fois que tu es face à une émotion qui t’agace, ou que tu trouves stupide, sois aussi patiente, aussi ouverte et aussi accueillante que tu le serais si un proche venait vers toi pour t’exprimer ce qu’ielle ressent.

Si tu as l’impression que c’est impossible, et que même avec tes proches tu es dans une friction, (impatience, irritation, inconsidération) il est fort possible que tu sois émotionnellement épuisée, bien blessée et donc qu’un soutien soit nécessaire pour enfin retrouver ton souffle.
N’hésite pas à prendre contact

Savoir avec sa tête est différent de comprendre avec son être.

Comprendre, savoir, est une chose. Ressentir, est un tout autre système qui fonctionne et qui permet d’intégrer réellement l’information.

Un peu comme pour le lâcher-prise, à certains moments, je savais qu’il fallait que j’aie confiance. Confiance en mes capacités, confiance en la vie tout simplement.

La confiance, pour ma part, est un sentiment très difficile à avoir. Et je suis extrêmement douée pour me faire croire que je l’ai, mais difficilement capable d’incarner cette sensation. Je me suis rendu compte que finalement, souvent, j’essaie de me convaincre que j’ai confiance, mais que je n’y suis pas à 100%.

J’ai confiance en l’univers, en mes guides, en mes capacités. Pourtant, j’ai aussi une part de doute qui coexiste avec mes croyances. Le côté rationnel, qui remet en question, qui veut des preuves, qui juge. Et ce côté empêche parfois de ressentir pleinement. En fait, je m’enfume : je sais qu’il faut que j’aie confiance, alors j’entre dans une persuasion qui, étant purement mental, n’est pas réellement utile. Et je me rends compte de la supercherie le jour où je ressens, pour de vrai, cette confiance !

Ressentir est puissant, c’est une chaleur réconfortante. Ça amplifie son ancrage et donne ce sentiment d’entièreté, de plénitude. Un alignement complet, qui fait comme un déclic interne. Comme si d’un coup, ça mettait le tout en mouvement.

Conclusion

S’autoriser à ressentir, permet de revenir à sa responsabilité d’adulte : savoir gérer et accueillir ses émotions.

Ressentir toute la palette des émotions humaines est un merveilleux cadeau, même si certaines émotions sont plus désagréables que d’autres. Quand on retrouve la liberté de pouvoir se laisser traverser, on retrouve son humanité.

Expérimenter ses émotions est un bon moyen de renforcer sa connaissance de soi, d’approfondir son empathie et d’être ainsi plus ouvert aux autres.
Alors ose ressentir, autant pour ne pas développer des maladies que pour montrer la beauté de ton humanité.