Les émotions nous traversent, et les entretenir qui les transforme en sentiment.
Lorsqu’on vit des conflits, on s’accroche à une émotion qui nous empêche de lâcher prise.
Alors, comment faire pour ne pas rester à ruminer dans la colère, la tristesse, et se faire submerger par des pensées obsessionnelles ?
Apaiser le moment
Lorsqu’une situation arrive, l’émotion nous traverse. Ce qui est naturel et souhaitable. Ce qui est moins souhaitable, moins agréable, c’est lorsque cette émotion reste collée, et qu’elle nous dépasse.
Dans un conflit, réussir à prendre conscience de ce qui se joue en soi est un énorme avantage. Cela permet de prendre un pas de recul : comprendre pourquoi ça nous atteint réellement, ciblé quelle émotion est activée, et agir avec conscience. Tout cela, en ayant une bonne connaissance de soi, se fait en quelques microsecondes.
Savoir ce qui se joue intérieurement, facilite l’acceptation de l’émotion. Prendre un pas de recul, pour pouvoir s’auto-réguler, c’est apprendre à ne pas réprimer son ressenti, et lui faire une place de manière saine.
Pour cela, la respiration est un outil puissant pour gérer les émotions. Revenir au souffle, permet au mental de revenir à l’instant présent, dans le corps. De sentir l’émotion nous traverser.
Prendre un instant pour se recentrer, permet d’organiser ses pensées, et surtout de ne pas se précipiter dans la réaction. Désamorcer la situation, pour pouvoir agir avec plus de lucidité.
Le silence qui précède la parole a son importance, il permet de reprendre sa posture et de sortir d’une dynamique d’agression. Pas besoin d’un long silence, juste d’une seconde pour se recentrer en soi, retrouver son centre avant l’action.
En sachant que notre vision tourne autour de nous-même, il est plus facile de ne pas prendre les choses personnellement

Concrètement
- Se connaître afin d’accueillir l’émotion et la comprendre : je me sens ainsi (attaquée, déçue, incomprise…) parce que ça vient toucher telle corde (expérience passée, blessure profonde…)
- Prendre une seconde pour se recentrer : respirer, intégrer le message de l’émotion (colère = protection…)
- Se positionner en responsable de ses émotions et de leur gestion, et agir avec ouverture : entendre et voir l’autre, ses émotions, et agir pour que le dialogue se fasse.
Parfois, le dialogue est impossible. Les émotions sont trop fortes, on n’arrive pas à sortir d’une dynamique inégale qui érige des murs.
Nous sommes humains, et la communication ouverte et saine n’est pas innée dans une société biberonnée aux drames, aux fictions qui positionnent la violence comme une passion désirable. Alors on s’accorde patience, douceur, et persévérance pour surmonter ces schémas imposés.
Ruminer le passer
Quelle que soit l’issue d’une situation, on peut parfois la rejouer encore et encore, en créant des scénarios divers et variés.
Je ne vais pas vous dire qu’il faut laisser tomber parce que c’est terminé et que vous n’avez pas le contrôle : au contraire, ruminer ! Mais pas trop longtemps non plus 😉 Cela permet de dézoomer et de s’améliorer.
Si vous ruminez, c’est que votre cerveau analyse et voit de meilleures options pour de prochaines situations. Et en ayant une distance avec ces ruminations : conscience que c’est fini, que ce qui est fait est fait, vous pouvez reprendre le contrôle en agissant dans le présent. Que ce soit en prenant des mesures concernant la situation (excuses, discussion posée), ou pour les suivantes (contrat intérieur d’être plus attentif.ve).
Et si on est bloqué.e dans l’émotion ?
Pour arrêter de ruminer : grattez les pourquoi.
Quelle émotion ressentez-vous ? Pourquoi ? Pourquoi ça vous impacte autant ?
À chacune de vos réponses, poser un pourquoi.
Exemple :
Une conversation a tournée en dispute.
Mes pensées rejouent la scène et je ressens de la colère. Je me sens ruminer les “et si…”, et les “j’aurais dû”.
Pourquoi ? Parce que j’ai essayé au mieux de nouer le contact. Pourquoi ? Parce que je tiens à cette personne et souhaite une relation saine avec ? Pourquoi est-ce important d’avoir une relation avec cette personne ? Parce que je l’apprécie, mais j’ai l’impression d’avoir été utilisée. Pourquoi ? Parce que j’ai senti des choses que j’ai ignorées
–-> Donc je suis en colère contre moi, parce que je me suis mis des œillères afin de conformer une projection souhaitée dans une personne. Je n’apprécie donc pas la personne pour ce qu’elle est, mais pour ce que je souhaitais qu’elle soit.
Venir gratter les “pourquoi” permet de comprendre ce qui se joue vraiment, afin de sortir de la rumination.
Je l’ai dit plus haut, notre vision tourne autour de nous-même. De notre réalité, de nos envies, de nos expériences. Et en acceptant qu’on agisse pour soi (sans se condamner), on voit l’autre comme un miroir. Un reflet qui change de forme lorsqu’il y a des frictions, pour nous permettre de réaliser un travail intérieur.
À ce propos, et pour approfondir : notre vision tourne autour de nous-même, et c’est ok –> Agir pour soi
En comprenant, on se rend compte de ce qui est actionnable ou non. Et ainsi, on agit, ou on lâche prise.
Conclusion
Les émotions ont pour but de nous traverser. Les accueillir et les laisser passer, nous libère des ruminations, des projections, des douleurs.
Apaiser ses liens avec les autres, c’est avant tout apaiser son lien avec soi. Trouver sa place afin de ne plus subir les humeurs, mais de les accompagner.
Si vous souhaitez apprendre à mieux gérer vos émotions et retrouver un ancrage plus stable, la sophrologie peut vous accompagner dans ce cheminement.




